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samedi 24 décembre 2011

Tunisie : Al Watanya et les vestiges du benalisme médiatique


Les Tunisiens se sont déchaînés sur les réseaux sociaux. Des centaines de commentaires ont ainsi fusé sur Facebook, raillant la télévision nationale, coupable d’avoir diffusé une prière dans le style le plus pur du benalisme. Des têtes sont tombées.
La veille de l’Aid El Idha, les téléspectateurs qui suivent les programmes de la Watanya 1 auront eu la surprise de voir et d’écouter, samedi dernier, Faouzi Ben Gamra, le chanteur populaire spécialisé dans le mezoued, et reconverti dans le chant soufi, déclamer des prières demandant  Dieu d'assurer le succès au dictateur déchu. Un petit voyage dans le temps, qui nous a transporté l’espace de quelques instants, dans la Tunisie d’avant la Révolution. Il n’en fallait pas plus pour que nos concitoyens se déchaînent sur les réseaux sociaux. Des centaines de commentaires ont ainsi fusé sur Facebook, raillant la télévision nationale.
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La direction de la télé a néanmoins réagi rapidement, en annonçant, dès dimanche des remaniements dans l’institution. Et le responsable de la diffusion de ce morceau agrémenté des traditionnels appels «7 novembristes» sera traduit devant le conseil de discipline apprend-on dans un communiqué diffusé par l’agence Tap.
Mais le chambardement dû à ce couac dans la programmation de notre chaîne nationale ne s’arrêtera pas là. Un nouveau directeur des programmes a ainsi été nommé en la personne de M. Adnene Khedher. Mohamed Smida, est désormais chef du service de la programmation, Wafa Daoud, chef du service de visionnage et de contrôle des programmes et Sadok Bouabène, chargé de la direction des programmes de la deuxième chaîne (chaîne des régions précise  le communiqué.
La chaîne El Watanya a donc fait preuve d’une grande réactivité, en effectuant de grands changements au niveau de son administration, un jour à peine après que les moqueries et railleries ont été publiées par nos citoyens désormais
Reste à savoir si les traces du benalisme, dans nos chaînes télé et dans nos journaux, ont été réellement effacées de notre paysage médiatique. Parce cette prière anachronique lancée par un ex-mzaoudi désireux de bien se faire voir des autorités de l’époque, n’est assurément pas le seul vestige d’un édifice façonné par des années de dictature. Il ne faudrait pas que la cornemuse lunatique de Ben Gamra soit le seul bouc émissaire sacrifié sur l’autel du médiatiquement correct post-révolutionnaire.

"Réunion du gouvernement au début de la semaine prochaine" (Hamadi Jebali)

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CARTHAGE (TAP) - "La première réunion du gouvernement aura lieu au début de la semaine prochaine afin d'entamer l'examen des questions urgentes économiques et sociales", a annoncé M. Hamadi Jebali, chef du gouvernement.
Dans une déclaration à l'Agence TAP, après avoir prêté serment, samedi au palais de Carthage, avec les autres membres du gouvernement devant le président de la République, M. Jebali a affirmé que "le peuple tunisien nous attend et il y a plusieurs dossiers prioritaires dont en premier lieu l'emploi des jeunes et le dossier des victimes sous le régime déchu et au cours de la révolution".
Répondant à une question sur les critiques adressées à son gouvernement, M. Jebali a indiqué que "les critiques sont une donne normale dans un système démocratique et qu'il faut s'en habituer, ajoutant que l'opposition est une composante essentielle et qu'il ne peut y avoir de démocratie sans opposition".
"Sans les critiques il n'y a pas de travail sérieux", a-t-il dit, formant l'espoir que "l'opposition soit constructive et positive dans ces conditions difficiles que traverse le pays".

Tunisie : La misère s’expose sur le Net


La pauvreté a toujours été perçue comme un sujet tabou en Tunisie. Les médias ont jusqu'ici fermé les yeux sur ce qui passe vraiment à l'intérieur du pays. Depuis peu, des associations mobilisées sur les réseaux sociaux œuvrent sur le terrain et lancent un appel pour aider ces personnes en difficulté.
Des dizaines d'association caritatives tunisiennes qui œuvrent tant bien que mal afin de secourir des personnes en difficultés, (surtout les plus fragiles comme les enfants et les personnes âgées) tentent actuellement de dénoncer ce fléau qu'est la pauvreté. Mobilisées sur le réseau social Facebook, ces associations œuvrent constamment à apporter de l'aide à ces personnes en difficulté : appels aux dons, visites sur le terrain, créations de convois, ne sont ici que quelques exemple de cet élan de générosité qui commence à s'organiser sur la toile.
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Bien avant la révolution du 14 janvier, la pauvreté était perçue comme un sujet tabou en Tunisie, notamment der la part des classes sociales aisées qui s'efforçaient (et s'efforcent toujours) de fermer les yeux sur ce qui passe vraiment à l'intérieur du pays. D'un autre coté, il y'a ceux qui essaient de vivre le plus dignement possible comme des millions de tunisiens, issu de la classe moyenne. Faisant constamment face à un niveau de vie qui ne cesse d'augmenter ces derniers ne se doutaient pourtant pas qu'il existe malheureusement bien pire qu'eux en Tunisie : une pauvreté dont le seuil a fini par atteindre un tel degré que l'on pourrait à peine imaginer qu'il s'agisse de leur propre pays.
Afin d'alerter l'opinion publique, quelques groupes et pages fans se sont créées sur le réseau social Facebook. On peut citer les pages fan Contre la pauvreté en TunisieAssociation lutte contre la pauvreté en TunisieRéseau «Burnous» contre la misère ou encore La Tunisie qu'on aime, pauvreté dégage. Celles-ci ont déjà propagé plusieurs vidéos et images chocs qui résument à elles seules, cette situation critique qui touche des familles entières. Habitats insalubres ou vivent des personnes handicapées et des enfants pieds nus, personnes âgées rampant à même le sol et se nourrissant un jour sur deux... ne sont que quelques exemples de ce mal-être qui fait partie de notre société. Surtout que la vague de froid par laquelle passe en ce moment le pays, ajouter à la pénurie de gaz domestique, cela ne risque guère d'arranger les choses...
Cette mobilisation assez timide limitée à la sphère du web, commence pourtant à faire prendre conscience à la plupart des internautes du vrai visage de la Tunisie révélé enfin au grand jour. Des priorités auxquelles doit faire face le nouvel Etat tunisien, en prenant le plus rapidement possible des mesures concrètes pour venir en aide à ces personnes démunies et qui souffrent d'une pauvreté façonnée par plus d'un demi-siècle de silence de dictature. Enfin, un petit clin d'œil à nos médias tunisiens qui au lieu de dénigrer les burnous des nouveaux membres du gouvernement, ferait mieux de parler de ceux des plus nécessiteux...

Tunisie : Dhafer L’Abidine, entre autres Hkayet Tounsia


2011, l'année de la Révolution, aura également été faste pour le cinéma tunisien. A croire que le 7eme art s'est abreuvé aux sources révolutionnaires. De nouvelles productions, avec même, dans certains cas, des innovations retentissantes, avec la projection attendue du premier vrai thriller tunisien.
dhafer-2Dhafer L'Abidine, l'éternel jeune premier de notre télé, le plus londonien des acteurs tunisiens, frappe également un grand coup cette année 2011. Après avoir suscité l'intérêt des groupies avec les piquants feuilletons de Cactus Productions, après s'être fait mousser dans des pubs pour des boissons gazeuses, Dhafer, qui a déjà fait des apparitions remarquées dans des séries américaines comme Sex and the City, revient en force.
Il a en effet été retenu pour jouer dans «Nemesis», une série américaine de huit épisodes, lancée Frank Spotnitz, le producteur des cultissimes «X-Files». La série dans laquelle notre héros se glissera dans la peau d'un businessman français promet déjà d'être un succès. Le réalisateur, S.J Clarkson qui a déjà à son actif des séries comme Dr House et Dexter, le promet ! En d'autres termes, encore un trophée à accrocher au tableau de chasse de Dhafer L'Abidine, excusez du peu !
Et puisque Dhafer ne semble rater aucune production audiovisuelle digne de ce nom, il s'invitera même dans «Fausses Notes» le thriller à l'américaine concocté tout récemment par le brillant Majdi Smiri, rappeur, comédien, artiste protéiforme.
majdi-smiriAprès s'être illustré dans le feuilleton ramadanesque d'Hannibal TV « Njoum Ellil», Smiri menace de faire un carton ses «Fausses Notes». Majdi fait ainsi étalage de son talent, après en avoir dévoilé une partie avec un clip dédié à Lotfi Abdelli. Et pour le coup, avec ces nouvelles notes, Majdi Smiri défriche des terres inexplorées pour notre cinéma plus habitué à projeter les sempiternelles images de cartes postales suintant d'un exotisme de pacotille.
histoires_tunisiennesDans un autre rayon plus conventionnel, (à l'aune de l'expérience cinématographique nationale), les Tunisiens pourront également aller voir «Hkayet Tounsia», également façonné en 2011, puisque le visa de distribution lui a été accordé. Une rumeur avait pourtant secoué le secteur, puisque des «bruits» laissaient croire que le film allait être censuré car jugé peu islamiquement correct. Et pour cause : le long-métrage réalisé par Nada Hfayedh veut toucher aux «tabous» de la société tunisienne, jugée conservatrice malgré des apparences permissives. L'alcool, la drogue, les relations hommes-femmes, (et même hommes-hommes) sont ainsi une nouvelles fois «disséquées», pour faire l'objet d'un film, dont le côté «osé», ne manquera sans doute pas de susciter la polémique.
Autant de productions, donc, qui tenteront de réconcilier les Tunisiens avec leurs salles obscures en voie de disparition. De quoi essayer d'oublier un contexte politique et social guère divertissant, grâce à la contribution du grand écran.